Le « ni-ni » de Midi Madagasikara
En réponse à l’article paru sur Midi Madagasikara sur le supposé rapport envoyé par les experts des nations unies à leur siège à New York préconisant la non candidature du Président Marc Ravalomanana et de Andry Rajoelina à la prochaine élection présidentielle, nous tenons à apporter les éclaircissements suivants, qui en toute logique incombe à celui qui a pris l’initiative de faire paraître l’article, afin de ne pas induire en erreur l’opinion publique et la Communauté internationale sur le dénouement de la crise politique qui a miné Madagascar depuis plus de 3 ans.
Au stade actuel de la progression ou de la régression, c’est selon, de la recherche de solution pour sortir Madagascar de cette situation catastrophique où des millions de malgaches souffrent énormément, il est toujours utile de rappeler, que cette crise découle de la prise du pouvoir par les armes par Andry Rajoelina en mars 2009, il est utile de le rappeler à chaque fois que nous en avons l’occasion car si celle ci a été mise au cœur de tous les accords signés par les quatre chefs de file de mouvance depuis Maputo, la crise aurait pris fin il y a bien longtemps.
Toujours dans ce rappel non inutile, nul n’ignore que toutes les manœuvres entreprises par Andry Rajoelina pour arriver au pouvoir et surtout pour s’y maintenir reposent inconditionnellement sur l’utilisation de moyens financiers colossaux dont l’origine est forcément suspecte au même titre que les « donateurs » pour payer essentiellement les quelques militaires à sa solde. A ce titre, le récit écrit en prison par le commandant Charles, principal exécutant du coup d’état, apporte des détails et des éléments de preuve incontestables de l’implication de Andry Rajoelina comme étant le principal commanditaire.
A partir de cette constatation, une simple déclaration de l’Union Africaine et de la Sadc interdisant l’auteur d’un coup d’état en la personne de Andry Rajoelina de diriger la transition et de participer à toute élection aurait suffi pour dénouer la crise et par la même occasion aurait obligé ses principaux financeurs à renoncer à leur pratique. Mais faute d’une mesure ferme allant dans ce sens, l’on serait tenté d’imposer de mettre sur le même pied d’égalité un auteur de coup d’état et un Président démocratiquement élu, et pire encore, essayer d’empêcher ce dernier de participer à la prochaine élection présidentielle sous prétexte que sa candidature pourrait provoquer une autre crise postélectorale.
Proposer une telle mesure est non seulement une aberration totale et démontre une méconnaissance totale de la réalité du terrain mais constitue surtout une violation pure et simple du principe élémentaire de la démocratie dans la mesure où les millions de malgaches qui ont exprimé leur choix lors de la dernière élection présidentielle en 2006 seraient empêchés à l’avance de confirmer leur vote.
Et croire que ces millions d’électeurs resteront les bras croisés face à une telle éventualité, c’est méconnaitre le vrai tempérament et mentalité des malgaches, est-il nécessaire de rappeler ici les « vrais » soulèvements populaires de 1991 et de 2002.
Actuellement, bon nombre d’observateurs s’accordent à dire que la meilleure solution pacifique et durable pour dénouer cette crise interminable est de laisser le peuple Malgache trancher à travers l’organisation d’une élection crédible mais surtout démocratique, et une élection démocratique commence par autoriser tout citoyen qui dispose de tous ses droits d’y participer. Autrement, une autre nouvelle crise plus grave secouerait immanquablement de nouveau le pays.




