La roulette malagasy !
Il y a la version russe, bien connue, la version malagasy n’est pas mal, elle est plus dangereuse et peut faire plusieurs victimes en un seul coup. Heureusement, aujourd’hui il n’y en a pas encore eu, et on croise les doigts pour qu’il n’y en ait jamais. Mais on en tremble à chaque « chargement », pardon à chaque embarquement. Oui, vous l’avez deviné, il s’agit bien de cet appareil Airbus, nouvellement acquis par la compagnie Air Madagascar. En moins d’un mois d’exploitation, il fait l’objet de deux incidents, mettant déjà à son passif, un taux anormalement élevé d’anomalies constatées. Le propos n’est pas d’affoler mais d’attirer l’attention du grand public et se taire en pareil cas relève de l’irresponsabilité car il s’agit de la sécurité des passagers et donc de leur vie.
Bref rappel : l’élément déclencheur aboutissant à cette situation rocambolesque ne concernait pas en fait la compagnie Air Madagascar directement. Il s’agissait de ce fameux litige, qui est toujours en cours, entre l’Aviation Civile Malagasy et la société SRDI, victime d’une rupture abusive de son contrat, pour refus d’accepter les caprices du putschiste en chef, voulant imposer son sponsor Ilias Akbaraly dans le tour de table…Cette tentative de corruption est à l’origine de ce grand déballage qui n’est pas encore à sa fin, mais a eu le mérite de mettre le doigt sur les innombrables irrégularités touchant l’aéronautique malgache en général. On connait la suite, les contrôles de l’Oaci ont abouti à blacklister les boeing 767, pour non respect des normes de sécurité.
Mais cette occasion a fait un larron. Et celui-là a l’habitude de ne rien rater pour tourner à son profit personnel une situation, au détriment de la viabilité et de la survie même, d’une entreprise. Faire une grande parade, à bord d’un vol inaugural, vaut bien tous les dangers. Vol. Voilà le mot. Plusieurs significations et certains en ont fait un raccourci et ont mélangé tous les sens. Le lapsus ne pouvait plus être retenu, que cet appareil de la discorde est baptisé « elatra ». A une lettre près, l’homonymie aura été parfaite. Un sport réservé aux membres de la hat et ils s’y adonnent à cœur joie.Ce week-end, après avoir dépouillé durant trois ans, les forêts malgaches de leurs bois de rose et exporté illégalement leurs rondins, l’auteur du coup d’état croit faire amende honorable en mettant sur pieds des plants de baobab et se racheter une bonne conduite. Un autre exercice de haut vol !




