Le notam de la peur !
Quelque chose s’est levée ce jour où le président Marc Ravalomanana était attendu à l’aéroport d’Ivato, en provenance de Johannesburg. ! Ils étaient des milliers, des centaines de milliers, marchant pacifiquement, mais assez nombreux pour faire trembler la hat. Un vent de contestation, exprimant une colère contenue et retenue, dans la dignité. Une marée humaine ! Spectacle infamant et insupportable à voir pour le chef putschiste et consorts, ne comprenant pas que l’on se batte pour accueillir cet homme qu’ils détestent, contraint de quitter le pays au début de la crise. Aujourd’hui, il rentre, pour apporter la paix.
N’ayant jamais cru qu’il allait réellement venir, l’affolement les étreint quand ils ont appris qu’il est vraiment monté dans l’avion. La panique est générale. L’appareil de la filiale de la South African Airlines est à mi-parcours quand le pilote reçoit la notice lui indiquant « PHAT INSTRUCTION - AERODROME CLOSED ». Le commandant de bord a dû se gratter la tête en voyant le mot « PHAT » pour en deviner la signification. Normal, le mot ne figure pas dans le lexique de la navigation aérienne. C’est un mot spécifiquement malgache, désignant une espèce de roitelet capricieux, honni par le peuple et animé des plus bas instincts. La cacophonie est totale au sein de ce pouvoir à la dérive. Croire que ce texto aéronautique serait envoyé en toute discrétion, c’est simplement oublier l’adage bien connu de chez nous : même la nuit les sorciers ne passent pas inaperçus. Aussitôt notifié, aussitôt diffusé dans le monde entier.
Le propagandiste Rolly Mercia est pris en flagrant délit de mensonge. Il devra rendre compte auprès du ministre de la communication pour diffusion de fausses nouvelles. Va-t-il s’auto-emprisonner ou peut-être se suicider? Ne rêvons pas trop. C’est à croire qu’ils doivent tous dormir avec un papier à notam sur leur table de nuit et faire des cauchemars dans leur sommeil à chaque passage d’avion. Le ridicule ne tue pas son auteur mais a fait un mort, tabassé par des éléments armés du « phat », parmi ceux qui voulaient revoir le président Marc Ravalomanana,.La fermeture de l’aéroport a empêché ce rendez-vous de se réaliser. La déception était palpable mais n’a pas entamé le moral des malgaches, prouvant par leur venue en masse, le lien indéfectible qu’ils ont avec celui qu’ils ont élu.Le retour du président Marc Ravalomanana ne s’est pas fait hier mais se fera inéluctablement dans un jour prochain. Dans l’immédiat, Madagascar est de nouveau la risée du monde. Le peuple malgache doit se ressaisir, prendre son destin en main et tracer sa route. Sa feuille, aujourd’hui, est morte !




