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Silence, on tue!

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argaiv1275

Vendredi, 13 Janvier 2012 21:34

Nous ignorons les circonstances de cet assassinat qui a entrainé la mort de cet homme, en pleine ville et en plein jour. La vue de ce corps gisant à meme le macadam glace le sang, tel le cadavre d’un gibier abattu par un chasseur.
Une chose est sure, Madagascar est un pays gravement malade. Il est atteint d’un mal profond et ne pourra en guérir qu’avec un remède de cheval.
Cette mort accidentelle traduit le climat d’insécurité générale qui règne dans tout le pays. C’est surtout le signe que les voyous  ont pris l’ascendant sur les forces de l’ordre, si elles existent encore. Un tel acte de barbarie n’est possible que si ses auteurs ne sont convaincus de le faire avec une certaine facilité : les pouvoirs publics ne sont plus en mesure de défendre les biens et les personnes. Les devoirs régaliens d’un état normalement constitué, ne sont plus remplis.


Et comment peuvent-ils l’etre ?
Il n’est plus besoin de revenir sur ce fameux coup d’état, le quotidien des malgaches ressemble à l’anarchie. Et que dire d’une administration en totale paralysie et d’un pouvoir judiciaire devenu le suppot de l’exécutif ?  Et l’état de droit dans tout cela ? Le droit de mourir au coin de la rue, plutôt.
Où sont ces belles consciences si promptes à faire étalage de leur connaissance, théorisant le monde, mais n’osant meme pas effleurer l’origine du mal ?  Notre pays doit avoir une bonne densité de « sachants » au km²  … des avara-pi comme on dit, victimes d’une faillite collective, s’étant couchés devant la médiocrité.       
Le piteux spectacle offert par ces politiciens se réunissant autour d’une beuverie, à l’honneur d’un putschiste nous donne la nausée. Tandis que le peuple meurt, le pouvoir et sa nomenklatura discutent autour des conciliabules pour le partage du gateau, celui des privilèges et des avantages indus.
L’indignation est totale quand un des  leaders des légalistes participe à cette flagornerie générale, prétendant porter jusqu’au palais ses molles convictions.
Il y a mieux à faire et garder au moins son honneur sur soi. Et surtout gare à ceux qui portent la critique.
Ne comptez pas sur nous pour faciliter votre digestion. Et cela vaut pour tous les gouvernants.
Quels que soient les bords, nous entendons en retour, une voix sourde et menaçante : silence, on tue !